Ch.30: La Villa des Papyres

Plan Hypothese sur Herculanum

Hors de la ceinture mural  de la cité de Herculanum, au delà du fleuve Sarno, vers occident, se trouvait la luxueuse Villa des Papyrus. Comme toute la région  archéologique, elle aussi fut enseveli par la force brutale du Vésuve, en restant ainsi cachée pour une très longue période. Puis un jour, par simple hasard, pendant les travaux dans un terrain, un habitant des lieux, tomba dans le jardin parmi des statues de facture exceptionnelle.

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Les fouilles entreprises dans cette Villa furent définitivement abandonnées en 1765, à cause des exhalaisons mortelles de mofette (acide carbo­nique) qui nécessitèrent la fermeture des galeries souterraines et des puits d'aération. Depuis lors, la Villa est restée inacces­sible, de nouveau ensevelie sous les couches superposées de lave de boue et de lave de feu, laissées par les éruptions de l'an 79 après J.C. et de 1631. Toutefois, sa découverte, avec la merveil­leuse moisson d’œuvres d'art et de papyrus dont elle fut sui­vie, est liée d'une manière si étroite à l'histoire et au sort des fouilles d'Herculanum qu'il ne semble pas inutile de consacrer à cet édifice une brève étude, en se référant au plan très exact de celui qui eut le mérite de l'explorer: Charles Weber . 

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La Villa s'étendait sur une longueur de plus de 250 mètres, au moins égale à celle que devait avoir le decumanus, parallè­lement à la ligne du littoral, à l'Ouest de la ville, entre la " Via Cécere " et le Vico a Mare ", dans la zone occupée par les jardins potagers des Pères Augustins. Cette zone fut en grande partie recouverte, lors de l'éruption de 1631, par les laves qui descendirent jusqu'au promontoire de Granatello.
Située, comme elle l'était, à mi-hauteur sur la dernière pente du Vésuve, sans aucune construction lui bouchant la vue, elle était flanquée d'un jardin entouré d'un portique et elle dominait une étendue de potagers, de vignes et de bois descen­dant jusqu'au petit port indispensable pour les communications par voie de mer.

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Cette situation lui permettait d'embrasser entièrement l'immense panorama ouvert devant elle. La route du littoral, qui la délimitait en amont, lui assurait la communi­cation la plus commode et la plus directe avec Neapolis et les autres villes, bourgades ou propriétés disséminées le long du golfe. Construite sur le banc durci des laves préhistoriques, abritée des vents glacés du Nord par les versants encore boisés du Vésuve, elle recevait au contraire la brise d'Ouest qui, au dire de Strabon, faisait d'Herculanum une ville très salubre. A l'écart du centre habité, sans en être isolée, elle jouissait d'une grande tranquillité, tout en ayant la possibilité de suivre de près les événements grâce à un service rapide de courriers et d'informateurs. 

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Bâtie à mi-hauteur entre la montagne et la mer, elle jouissait, en outre, du climat de colline et du climat maritime, et surtout d'un des panoramas les plus grandioses et les plus harmonieux, bien faits pour satisfaire la passion tout à fait romaine pour les vues sur la mer et sur les golfes. Ce devait être une résidence idéale pour un patricien cultivé et raffiné, aimant faire alterner la sereine contemplation des beautés de la nature avec la méditation et la réflexion. Quel était le propriétaire de cette villa? Jusqu'à présent, on n'a répondu à cette question que par des hypothèses plus ou moins plausibles. Une circonstance singulière retient cependant l'attention: la présence, dans la bibliothèque de la villa, de nombreuses oeuvres de l'épicurien Philodème. Elle rend encore très vraisemblable l'hypothèse de Comparetti, selon laquelle il devait exister un lien quelconque entre cet auteur et le pro­priétaire de la villa. 

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On relève que Cicéron, dans une de ses Orationes, cite, comme ami et protecteur de l'épicurien Philo­dème, L. Calpurnius Piso Cesoninus, beau-père de Jules César et ennemi acharné de Cicéron lui-même. On en a déduit, non sans raison, que la Villa suburbaine d'Herculanum devait appartenir en fait à Lucius Calpurnius Piso et à ses descendants directs, à l'époque d'Auguste et à l'époque impériale, et que la bibliothèque, de caractère principalement philosophique, a dû être constituée par des ouvrages rassemblés et choisis par son ami, le philosophe Philodème de Gâdara. Il faut exclure, en re­vanche, l'autre hypothèse de Comparetti, selon laquelle on devrait voir le portrait du propriétaire dans l'un des plus admi­rables bustes en bronze de la Villa, dénommé le " Pseudo-Sénèque ,,, certains l'ayant pris à tort pour Sénèque, et qui représenterait, en définitive, un poète de la nouvelle comédie grecque, peut-être Philémon.

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Bien qu'elle semble de dimensions gigantesques, par rapport aux autres villas découvertes, jusqu'à présent, dans la zone du Vésuve (" Villa de Diomède ,,, " Villa des Mystères ,,, à Pompéi), la Villa des Papyrus reste fidèle, par son plan d'en­semble et par la distribution de ses différentes parties, au type fondamental de construction et à la conception architectonique des villas suburbaines de la région de Pompéi et de Stabiae. L’atrium n'y joue pas le rôle de centre de la vie de famille, comme dans la maison italique et romaine, mais remplit la fonction plus modeste de vestibule d'entrée et de couloir de dégagement plus ou moins riches et plus ou moins grandioses. Les véritables quartiers d'habitation et de réception sont distribués autour des péristyles et des terrasses, pour permettre de jouir plus directement de la lumière, de la chaleur du soleil, de la vue de la campagne et de la mer. Enfin, le troisième élément, caractéristique de ce type de villa, est constitué par le vaste jardin, en partie couvert, pour les promenades à l'ombre ou dans la chaleur tonifiante du soleil (solarium).

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Ces divers éléments ressortent nettement sur le plan dessiné par Weber. En se référant à ce plan, ainsi qu'au journal des fouilles et des découvertes, nous pouvons faire une description sommaire de l'intérieur, bien que l'abandon des fouilles, le long du côté Est, ne nous permette pas d'embrasser l'ensemble de l'édifice et que, faute d'exploration des zones découvertes, on ne connaisse rien des parties accessoires, telles que les instal­lations des terrains de culture et du port. Quartier de l'entrée et de l'atrium. - L'entrée s'ouvrait, du côté de la mer, par un portique à colonnes. Un vaste dégagement, qui fait déjà fonction de vestibule, donne accès à l'atrium, dont on remarque le pavement de mosaïque blanche et noire, ainsi que les onze statuettes entourant le bassin de l'im­pluvium (Silènes qui laissent couler l'eau d'une outre et petits Amours qui font échapper l'eau de la gueule d'un dauphin). D'autres statues et des bustes ont été retrouvés dans les niches des murs de l'atrium.

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Quartier du premier péristyle. - Péristyle carré, de 10 co­lonnes par côté, avec le bassin long et étroit d'une piscine au milieu. Chaque angle était décoré par une fontaine avec la vasque en forme de coquille et par un hermès en bronze. Parmi les hermès, on note celui du Doryphore et celui de l’Amazone. Au fond de l'ambulacrum du côté Nord, une salle carrée (oecus triclinaire?) et une salle à abside (Laraire?).
Quartier d'habitation. - Il se développe à l'Est du péristyle. D'un côté, il donne sur la partie ensoleillée d'une cour intérieure, tandis que, de l'autre, il est exposé au Nord. On y a ramené au jour une salle de bain, plutôt étroite comme la plupart des salles de bain des villas de la fin de la République et du début de l'époque d'Auguste, ainsi qu'une autre pièce, aussi étroite, qui constituait la précieuse bibliothèque des papyrus. Ceux-ci ont été retrouvés en rouleaux carbonisés, sur les étagères dispo­sées le long des murs ou au milieu de la pièce . Sur les côtés, s'ouvraient d'élégantes salles de réception et d'étude aux pavements incrustés de marbres.

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Quartier du grand péristyle. - A l'Ouest du premier péris­tyle, un vaste et solennel tablinum, où trônait la statue archaïsante à 'Athèna Promachos sous un propylée, menait au gran­diose péristyle du jardin. Ce péristyle était ample et lumineux comme le Forum et la Palestre publique d'une ville, avec ses 100 mètres de long et ses 37 mètres de large. Sa piscine, au milieu, avait les dimensions (66 m. de long sur 7 de large) d'un stagnum ou d'une des grandes natationes des Thermes impé­riaux de la métropole.

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Le long de l'ambulacrum du péristyle, dans les entrecolonnements, ainsi que dans une partie de la zone ouverte du jardin et sur les bords de la piscine, on a découvert une véritable galerie d’œuvres d'art: statues, bustes, hermès et petites sculp­tures en marbre et en bronze, choisis avec un goût éclectique de connaisseur et allant des statues archaïques aux personnages historiques et aux groupes d'animaux disséminés parmi la ver­dure des allées. Il y a lieu de signaler le groupe des Danseuses, le Faune dormant, le Faune ivre, Mercure au repos, les Lutteurs, des bustes de dynastes hellénistiques, des hermès de philoso­phes et de poètes, des Daims se faisant face et une statue à 'Eschine, en marbre.

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Au-delà du péristyle, en direction de l'Ouest, une longue allée recouverte de gravier menait à la rotonde du belvédère, ouverte de tous les côtés, surélevée d'environ 4 mètres par rapport au niveau de la campagne environnante et décorée d'un somptueux pavement circulaire à incrustations de marbres, qui se trouve actuellement dans la Pinacothèque du Musée de Naples. Un aqueduc souterrain, également signalé par Weber comme une installation hydraulique d'une étonnante ingénio­sité, alimentait les grands bassins des péristyles, les fontaines et les nymphées de la villa, ainsi que la salle de bain du quartier d'habitation. Un jour, peut-être, lorsqu'on aura épuisé toutes les possibilités de recherches dans la zone épargnée par les construc­tions de Résina, on pourra reprendre, sur une nouvelle base, les fouilles de la plus précieuse et la plus riche villa du monde antique.

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Et ce ne sera pas oeuvre vaine, car on peut espérer encore beaucoup de l'achèvement des fouilles du quartier d'habitation et du jardin, sans négliger la récupération des objets de l'ameublement, dont une aussi riche maison devait être fournie et qui avaient certainement une valeur artistique.
Mais la Villa suburbaine des Papyrus, qui projette la lueur fulgurante de ses découvertes sur le mystère du désenvelissement d'Herculanum, n'est pas la seule grande villa patricienne qui ait été construite dans les environs de la cité. Le patriciat romain et celui de la Campanie aimaient à séjourner en ce lieu sur les pentes ensoleillées et très salubres ou sur les bords enchanteurs de la mer. Même les familles nobles d'Herculanum, à l'époque impériale, devaient préférer les paisibles et élégantes demeures suburbaines aux maisons de la petite ville envahie par le bruit et le mercantilisme. Un empereur, Tibère, en avait lui-même donné l'exemple en se retirant dans son ermi­tage solitaire juché sur les rochers de Capri. Aussi peut-on s'attendre, comme par le passé, que les résultats les plus prometteurs et les plus heureux récompen­seront les pénibles efforts de ceux qui, attirés par l'attrait de la découverte, entreprendront les fouilles d'autres villas suburbaines.