Ch. 18 :Cultes et Religion à Pompei 

Le Pompéien, comme tout homme de l'Antiquité, est environné de sacré; dans sa maison autant que dans la rue, dans une cérémonie privée ou dans une manifestation publique, il ne peut échapper à la présence des Dieux qu'il adore et dont il rappelle volontiers l'existence dans le décor d'une pièce, dans l'ornementation d'une façade. Pour la population de paysans qu'étaient les hommes de Pompéi, le traditionalisme religieux se marque par l'attachement aux dieux de la nature et de la fécondité. Séduits par l'hellénisme qui plongeait ses racines dans le passé de leur ville, les Pompéiens ont accueilli les dieux de Rome avant même de se plier à sa domination politique ; mais la religion romaine est tellement pénétrée d'éléments hétérogènes que le port du Sarnum voit fleurir les cultes orientaux sans que les sensibilités en soient le moins du monde heurtées. 
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Chronologiquement, la dévotion des Pompéiens s'adresse à l'une des trois triades principales : A) -Triade Tutélaire de la ville : Hercule, Bacchus-Liber, Vénus ; B) -Triade Capitoline : Jupiter, Junon, Minerve ; C) -Triade Isiaque : Isis, Sérapis et Anubis. Mais ils ne s'empêchent pas d'adopter aussi la présence simultanée de ces triades, si naturels aux consciences antiques.

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A ) - Triade Pompeienne : Hercule-Bacchus-Vénus

Il était connu des Épigrammes anciens, que Pompéi était placée sous la triple invocation d'Hercule, de Bacchus et de Vénus. Ce n'était pas une fantaisie de poète, puisque N. Popidius Florus, appartenant à une vieille famille Samnite, fait une dédicace à Vénus, à Liber (c'est-à-dire Bacchus) et à Hercule dans sa villa suburbaine. Cette triade protégeait avant tout la production viticole des campagnes vésuviennes.

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a1 ) - Temple d' Hercule. Fondateur légendaire de Pompéi, à lui était certainement dédié le plus ancien des temples encore debout, le temple grec du forum triangulaire, construit au VI° siècle avant Jésus-Christ. Peu de restes subsistent : le monument a dû être incendié à la fin de l'époque Samnite. C'était un édifice pseudo-périptère, dont la colonnade comportait onze colonnes sur les grands côtés et sept sur les petits. A côté de ce monument, en face de l'escalier d'accès à la cella, là où l'on s'attendrait à trouver l'autel majeur du temple, une enceinte sacrée, que les Romains respectèrent, marquait la tombe du héros fondateur, vénérée depuis toujours, dont la présence obligea à repousser sur un coin du temple trois autels en tuf préromains. A l'époque Samnite, Apollon et Artémis y furent peut-être vénérés, puis ce temple aurait abrité le culte de Minerve, comme le signale une inscription Osque. 

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La continuité du culte, se marque dans certains laraires : ces sanctuaires domestiques accueillent des statuettes d'Hercule ou des peintures le représentant armé de sa massue et revêtu de la dépouille du lion de Némée. Héraklès ( son nom grecque..)  est invoqué et il paraît présent un peu partout à Pompéi. Cependant Pinarius Cerialis appartient à une famille sacerdotale où par tradition le culte d'Hercule est assuré. Dans sa maison, une peinture rappelle la rencontre d' Hercule avec Évandre et la fondation de l'Ara Maxima. Parmi les découvertes, un couteau à sacrifice en bronze accompagnait un beau vase de terre cuite (skyphos), recouvert d'un vernis vitreux, avec lequel le prêtre d'Hercule faisait les libations de vin pur : "Acratopinon".


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a2 ) - Bacchus-Liber, le Bacchanal.  Ainsi, le culte d'Hercule rejoignait celui de Bacchus-Liber, implanté depuis longtemps dans la région pompéienne. En décembre 1974, sur la colline proche, à 700 mètres au sud de l'amphithéâtre, on a découvert un temple suburbain dédié à des divinités dionysiaques, un Bacchanal. Sur le fronton en tuf, on reconnaît les personnages du thiase bachique Dionysos et Ariane, héraldiquement affrontés, de part et d'autre d'un thyrse orné de rubans ; du côté de Dionysos, un Silène et une panthère ; du côté d'Ariane, un Éros tenant un éventail, un cygne ou un canard. Le temple comportait un dispositif de stibadeion (lit à trois côtés pour six personnes). Cette construction préromaine remonte dans son état le plus ancien aux 3° et 2° siècles avant Jésus-Christ, et Maras Atiniis, édile de la ville Samnite de Pompéi, a fait la dédicace de l'autel. Il est déjà remarquable que la crise qui aboutit à l'interdiction des associations dionysiaques en 186, n'ait pas balayé le culte dionysiaque, dans une région la Campanie, qui avait largement contribué à sa diffusion. 

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Pourtant, le texte du Sénatus-Consulte était formel : les consuls y ordonnent la destruction des lieux de culte dans un délai de dix jours après la réception du texte sénatorial. Il est bien entendu décider que les cérémonies ne pourront se dérouler ni chez un particulier, ni sur un terrain public, ni hors de la ville, semble tomber sous le coup de la répression. Toutefois, de la part du Senat, des autorisations pouvaient être accordées à la suite d'une procédure lente et compliquée : nul ne doute que les Pompéiens n'en aient obtenu une puisque le sanctuaire a subsisté jusqu'à la fin de Pompéi.; des meme que l'enthousiasme pour Bacchus n'avait fait que croître, puisque ce temple dorique il a été même agrandi de deux vastes salles à manger et d'une salle de réunion, attestant la prospérité de l'association des dévots dionysiaques, dont devaient faire partie N. Popidius Florus et bien d'autres propriétaires qui honoraient le dieu du vin, garant de leur prospérité autant que de leur salut.

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a2a ) - Jardin Dionysiaque. Le Pompéien vivait dans une atmosphère dionysiaque, dans la mesure où, dans son jardin autant que dans la décoration de sa maison, tout le rattache à ce dieu proche du naturalisme primitif, le raisin et le lierre lui sont consacrés. Dans la maison des Amours Dorés, lemnisques et masques figurent dans un décor de guirlandes disposées entre les colonnes, et l'on peut parler du décor dionysiaque des péristyles pompéiens. C'est dans un jardin datant d'avant l'époque romaine, que l'on avait installé le théâtre des ébats de Dionysos et des Satyres. Et ainsi les jardins de plaisance accueillirent les symboles dionysiaques. La maison des Amours dorés offre le meilleur exemple de ce courant mystique. Disséminés au milieu de cordons de lierre, les bas-reliefs évoquent le culte du dieu : les masques théâtraux, les hermès bachiques font allusion au drame satyrique, associé au jardin et à Dionysos. Cette mise en scène symbolique chez un propriétaire qui partage ses dévotions entre les divinités capitolines et les dieux égyptiens, cherche à suggérer la campagne. Chez les Vettii la décoration du jardin rappelle cette même présence dionysiaque.

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Autour des laraires, souvent installés dans les jardins, puisque le Lar s'est introduit peu à peu dans le cortège dionysiaque, se placent les Ménades, et toutes les statues qui font partie de la religion ornementale : Silènes, Faunes, Dionysos lui-même, Nymphes et Satyres, Hermaphrodites. Le type du Faune versant devient un motif de fontaine et prend place dans le jardin.
Ainsi ce dernier est le milieu par excellence du thiase bachique, où le dieu du vin prend les dimensions d'un dieu de la végétation, transformant le jardin réel en jardin de théâtre où se déroule un éternel drame satyrique. Le jardin représente donc pour le Pompéien un asile pour un dieu du salut, perpétuant une conception religieuse proche du naturalisme primitif, mais aussi assez dramatique pour séduire un esprit évolué et mystique.

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a2b ) - Décoration dionysiaque. Le dieu apparaisse dans la décoration des pièces de la maison. Les enfances du dieu ont fourni aux artistes un de leurs thèmes favoris. Par exemple, chez Lucretius Fronto , Satyres et Ménades escortent un chai attelé de taureaux blancs sur lequel est assis le vieux Silène, tenant sur ses genoux Dionysos enfant, accueilli comme un triomphateur. La découverte par le jeune dieu d'Ariane endormie à Naxos se retrouve sur de nombreux tableaux; chez les Vettii, par exemple, le couple des amants heureux assiste à la lutte de Pan et d'Éros. Ailleurs, la ronde du thiase bachique, avec ses Silènes ivres soutenus par des Satyres et des Bacchantes, inspire des tableaux plus humoristiques que religieux. La décoration des laraires où Bacchus a conquis une place importante a une résonance plus profonde. Couronné de lierre, vêtu d'une chlamyde rouge, tenant grappe de raisin et thyrse, il est associé à Jupiter, à Hercule, il donne souvent à boire à une panthère dans un geste semblable à celui des Lares. Dans la pièce où était installé le laraire de la maison du Centenaire, on a retrouvé une peinture où Dionysos, vêtu d'une grappe de raisin géante, apparaît dans un paysage dominé par le Vésuve, faut souligner combien l'atmosphère religieuse quotidienne de Pompéi était dionysiaque.

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a3) - Venus Fisica.  Dernière divinité de cette Triade, Vénus est une déesse topique de la ville. Elle se nomme Vénus fisica; l'épithète ne se rencontre que dans les inscriptions de l'Italie méridionale au sens du grec synthrophos, équivalent d'alma; on peut la traduire par Vénus Naturiste (physica), chanté par l'épicurien Lucrèce, or, l'épicurisme était répandu en Campanie. Cette Venus fisica prend aussi l'appellation de Venus Fisica Pompeiana, que les artistes peignent d'autant mieux que l'occupation romaine lui vaut un surcroît d'honneur en l'associant à la Vénus de Sylla. Le dictateur ne donne-t-il pas à sa nouvelle colonie le titre de Colonia Veneria Cornelia. Ainsi se définit un type officiel de Vénus, que présentée par la peinture d'une bou­tique de la rue de l'Abondance, est montrée revêtue d'une longue tunique et d'un manteau mauve, se dressant nue dans une pose de majesté. Coiffée d'un diadème d'or, elle tient dans la main droite un rameau d'olivier ; la main gauche s'appuie sur un gouvernail renversé et tient le sceptre. Elle est donc en même temps Fortuna. 

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On la retrouve peinte à l'extérieur de l'officine du fabricant et marchand de tissus M. Vecilius Verecundus. Drapée de bleu azur, elle porte une couronne dorée, elle est la Fortune qui triomphe, méritant la couronne et la palme que lui tendent deux petits Amours. Dans une  peinture pariétale, elle est  peinte avec une Tyché-Nemesis, maîtresse du monde ; le Genius du Blicus de Pompéi tend une patère de la main droite et tient une corne d'abondance de la main gauche. Ce type canonique de la Vénus royale, victorieuse et maîtresse du monde, dit bien assez que Vénus est à Pompéi une déesse officielle et qu'on attend d'elle la bonne fortune et la prospérité. Son aspect naturiste reste fondamental. Elle est l'héritière de l'Aphrodite agraire, elle est la Vénus des jardins, ce qui explique l'existence de prêtresses pompéiennes de Vénus et de Cérès, telle Alleia; elle est préposé à la fécondité des vignes et des jardins, dans le temple de Vénus Pompéienne qui est représenté sur une peinture figurant les noces d'Héraclès et d'Hébé. 

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Que Vénus Pompéienne soit déesse officielle de la ville, la Venus Felix, patronne de Sylla, y a beaucoup contribué : contaminée par la mystique dionysiaque, la Venus Pompeiana reçoit les avis favorables de  Sylla le quelle la fait graver sur les nouvelles monnaies de Rome, se chargeant  de sens politique aussi, même si  sur les peinture elle est évoqué sous une double image d'érotisme, motif très chez à Pompéi.  
La Venus Pompeiana avait on Temple vers midi, en terrasse, dont on découvre les murs d'enceinte élevés quand on se dirige vers le Forum après avoir franchi la Porte Marine. Il dominait l'aplomb du front de lave sur tout le littoral et était sans doute un point de repère pour les marins, qui durent également vénérer cette Vénus dite aussi Marine. Dans les laraires, cette Venus Pom­peiana, dans sa pose de majesté, trouve également une place d'honneur, et reçoit les hommages du maître de maison.
Ainsi le naturalisme inconscient des Pompéiens s'exprimait dans le culte de cette première Triade, à laquelle on peut rattacher Flora, divinité agricole, honorée par les Samnites sous le nom de Flussai et qui connut la même évolution religieuse que Vénus, finissant par être la déesse protectrice de la jeunesse pompéienne, la Juventus, qui s'exerçait dans la palestre.

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B ) - Triade Capitoline : Jupiter-Junon-Minerve
Deuxième triade, la Triade Capitoline n'est pas un héritage étrusque, nous le savons bien : le Temple de Jupiter Capitolin ne date que de la seconde moitié du 2° siècle et dans sa reconstruction ultérieure il est d'époque républicaine. Le culte politique de la triade capitoline, symbole de l'adhésion à la souveraineté romaine, ne peut avoir connu un large succès qu'à partir de la fondation de la Colonie Syllanienne. 

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b1 ) - Temple de Jupiter Capitolin. Le temple de Jupiter domine le forum et son orientation suit celle de la colonnade en tuf du Forum samnite. Ruiné par le tremblement de terre de 62, il n'avait pas encore été reconstruit en 79. Installé sur un podium haut de 3 mètres, le temple atteint 37,5 mètres de long dont près de la moitié est occupée par la cella. Celle-ci est précédée par une colonnade profonde présentant de face et de côté six colonnes hautes de 8,40 mètres. On accédait au temple lui-même par deux escaliers étroits qui s'élargissaient ensuite sur toute la largeur du monument. Cette particularité permettait de disposer, en avant du temple, mais à une certaine hauteur, d'une tribune aux harangues, de "rostres". An milieu de cette plate-forme se dressait un autel, tel qu'il apparaît sur le bas-relief du laraire de L. Caecilius Jucundus.

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Le portique et la cella étaient couverts d'un plafond à coffrage et l'ornementation de la cella était particulièrement riche: une ligne de colonnes ioniques décorait chaque long côté et leur entablement soutenait des rangées de colonnes corinthiennes. Contre le mur du fond de la cella se dressait un piédestal, dans la base duquel étaient ménagées trois petites chambres. Le piédestal était destiné à recevoir trois images de divinités, tandis que les chambres étaient affectées au service du culte. Dans la cella une dédicace à Jupiter Optimns Maximus, datée de 37 après JC, et une tête de Jupiter ne laissent aucun doute sur le culte rendu au maître de l'Olympe et à ses deux parèdres du culte capitolin, Junon et Minerve. Par la construction du visage, par l'abondance exceptionnelle de la chevelure et de la barbe, symboles de puissance, cette tête peul être rapprochée du buste de Zeus, originaire d'Otricoli. Il symbolisait la force calme de la domination romaine et on comprend aisément ainsi pourquoi  ce temple est devenu le plus important et pourquoi il occupe le côté du forum, qui fait face à la Curie.

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b2 ) - Temple de Zeus Meilichios. La triade capitoline, sous la forme de statues de céramique, continue d'être honorée après 62 dans le temple de Zeus Meilichios, car elle symbolise la continuité de l'État, au-delà de toutes les catastrophes. Il s'agit d'un petit temple, dans le coin nord-est du quartier du Forum Triangulaire, derriere les Théatres,précédé d'une cour à colonnade et dont l'autel est disposé au pied de l'escalier. Un portique tétrastyle conduit à la cella dont la maçonnerie, en quasi-réticulé, est contemporaine de l'architecture du petit Théâtre et date donc des premières années de la colonie romaine. Il a remplacé un édifice plus ancien, désigné dans une inscription Osque comme étant le temple de Zeus Meilichios, honoré dans bien des lieux de Grèce par les agriculteurs. Même si ce culte a été conservé par Home, il s'est plus ou moins confondu avec celui de Jupiter Optimus Maximus et le temple a été choisi pour accueillir en temps de malheur la triade capitoline.

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b3 ) - Culte Public et Culte Privé.  Le prestige de Jupiter Optimus Maximus est tel que, dans une dédicace, il est associé à Venus Física et par décret des décurions. Ce culte officiel, est servi par des Pontifes et par des Augures, mais la triade, ou du moins Jupiter et Minerve, est également présente au cœur de la religion privée, dans les laraires. Dans une maison, Minerve, vêtue d'un long chiton rouge violet bordé de vert et d'un manteau jaune, porte sur la poitrine le gorgoneion et sur la tête le casque à triple cimier. De la main gauche elle s'appuie sur une longue lance et de la main droite, tenant une patère, fait une libation sur un autel. Jupiter est assis sur un trône où est jeté un manteau vert, les pieds reposant sur un tabouret. Le haut du corps est nu, le bas de sa personne est drapé dans une étoffe rouge, il appuie sa tête sur son bras gauche et regarde vers lu gauche ; le sceptre est appuyé à son épaule gauche, el dans la main droite, il tient le foudre. Dans un laraire de jardin, Jupiter est debout, portant une chlamyde rouge sur l'épaule, il s'appuie à droite sur un sceptre et tient à gauche un aigle. Minerve porte un chiton brodé, l'égide sur la poitrine et un casque sur la tête ; à droite elle tient une lance, à gauche un bouclier. Cette imagerie habituelle montre bien que les Pompéiens avaient adopté la tradition romaine et que, comme "N. Popidius Florus", ils pouvaient honorer d'un même cœur la triade naturiste et la triade capito­line symbolisée par Jupiter Optimus Maximus.

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c1 ) - Origine du culte d'Isis.  La vogue de la Triade Isiaque à Pompéi paraît à priori plus étrange. Les cultes orientaux sont des cultes étrangers aux campans. Mais la religion romaine s'est toujours montrée accueillante aux divinités venues d'ailleurs, quand les Romains eux-mêmes, dans une période de crise, n'ont pas volontairement cherché à élargir leur horizon religieux. Cybèle, la première, avait été introduite à Rome en 205 avant JC. Sérapis, dès 105 avant JC, possède un temple à Pouzzoles, ce grand port international où les Égyptiens apportèrent en même temps que leurs marchandises quelques-unes de leurs croyances. L'introduction du dieu alexandrin avait pu être favorisée par le syncrétisme gréco-égyptien qui tendait à l'assimiler à Bacchus. Mais les Pompéiens ont pu découvrir les divinités alexandrines dans les ports siciliens et aussi à Délos où nous trouvons, en même temps qu'un temple des divinités d'Alexandrie, les traces du négoce campanien.


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c1a ) - Les Dévots, les Classes Inférieures.  La vogue des divinités alexandrines a été considérable à Pompéi. Elles avaient pour elles le petit peuple, parlant latin ou grec, les esclaves et les familles d'affranchis qui formaient la clientèle des grandes maisons. Même devenus libres, descendants d'affranchis et anciens esclaves continuent à leur manifester une dévotion qui finit par atteindre l'aristocratie.
Les Classes Supérieures. Le culte, en gagnant peu à peu les couches supérieures de la population pompéienne, devient comme un culte officiel de la cité. Alors que le Capitole ne sera pas reconstruit entre 62 et 79, il est piquant d'apprendre qu'un descendant d'une vieille famille Samnite, N. Popidius Celsinus, fils de N. Popidius Ampliatus et de Corelia Celsa, relève de ses ruines le Temple d'Isis entièrement rasé par le tremblement de terre de 62. Ce fils d'affranchi n'a que six ans et le geste généreux de son père lui ouvre les portes du sénat municipal : une telle admission prouve l'enthousiasme île l'aristocratie municipale pour Isis, servie fidèlement par la gens Popidia ( la famille de Popidia).

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La gens Popidia et les Isiaci .  N. Popidius Natalis, le prètre de la déesse et chef de ses dévots, les isiaques, occupait un logement modeste dans le périmètre du temple d'Isis : une chambre, une salle à manger, une petite cuisine ; six hydries  contenant de l'eau aérée,  portaient son nom. En 79, la même association des initiés aux mystères d'Isis soutenait les candidatures de Cn. Helvius Sabinus et de Cuspius  Pansa, en faveur de qui se prononce aussi N. Popidius Natalis. Voici donc tous les témoignages qui permettent de mesurer de quelle faveur jouissait Isis à Pompéi, dans le culte privé, et quel accueil lui avait réservé la classe dirigeante. Le temple, élevé en son honneur, atteste la place que tenait le culte dans la cité.

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LE TEMPLE D' ISIS.  Le temple primitif, qui disparut dans la tourmente de 62, fut construit ou pour le moins commencé, sans doute avant la fondation de la colonie syllanienne, dès que le temple de Sérapis, élevé en 105 à Pouzzoles, signifia qu'étaient venus les temps de La liberté de Culte. On en respecta le plan quand on reconstruisit l'édifice après 62: cependant la vogue Croissante de la religion isiaque rendit nécessaire l'adjonction  de deux pièces aux dépens de la palestre Samnite voisine.
On entre, depuis la rue du temple d'Isis, dans une cour à colonnade au milieu de laquelle se dresse l'édifice. La cour était occupée par le jardin sacré, et la colonnade s'interrompt et fait place à deux gros pilastres pour ménager une entrée monumentale aux dévots qui vont honorer les dieux. 

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La cella oblongue est précédée d'une façade faite d'un portique à six colonnes. Une fosse sacrificielle, couverte et pleine de fruits, occupe un coin de la cour proche de l'entrée ; dans l'autre coin, un édifice ressemble à un petit temple, deux autels en sont proches, un troisième est voisin du temple et cinq autres, plus petits, sont disposés entre les colonnes. Sur le côté sud, entre la colonnade et le Grand théâtre, s'alignent les pièces d'une modeste habitation.
A droite et à gauche de la façade de la cella, deux niches sont projetées en avant sans être liées organiquement au corps du temple. La décoration abuse du stuc. Outre le large escalier de façade, un second, plus étroit à l'arrière, conduit directement à la cella où deux piédestaux supportaient les statues d'Isis et d'Osiris. Dans les niches se dressaient Anubis et Harpocrates

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Les murs de la colonnade sont peints de couleurs claires sur un fond rouge foncé. Au-dessus d'une partie inférieure rouge, les colonnes blanches, tout comme le temple, ont l'éclat du marbre. Chacun des panneaux qui divisent les murs de la colonnade est occupé par un prêtre d'Isis, tandis que des motifs marins décorent les parties inférieures, rappelant qu'Isis était la patronne des matelots.
Le culte était assuré par un clergé représenté sur les panneaux de la colonnade de la cour. Le scribe sacré, le "hierogrammateus", porte deux plumes d'épervier.  Un deuxième prêtre, coiffé d'un masque en forme de tête de chien, prend la ressemblance du dieu Anubis. Le troisième, porteur de palmes et de verges, est un astrologue, si nous en croyons à Clément d'Alexandrie. Le quatrième porte une lampe en forme de navicelle, symbole d'Isis, patronne de la navigation. Tous les prêtres ont la tête et la face bien rasée, des vêtements de lin et des chaussons de palmier ou de papyrus et leur nombre dit assez la vogue des religions alexandrines.

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Le Culte Imperial
Nous ne pouvons pas ne pas ajouter que le Pompéien dispose , entre autre,  d'un Dieu sur terre, et c'est l'empereur à qui il réserve les plus nombreux témoignages de sa dévotion. Le culte impérial transcende tous les autres cultes et rien de ce qui est divin n'est  etrangé à l'empereur.
Se donnant pour l'ancêtre générale de la nation Romaine, par lui Rome est né. L'Empereur ne peut que  résumer en lui et entrainer toutes les Triades de son temps. Assumant tout le divin que lui reviens, l'empereur offre à tous la possibilité de l'honorer, et son culte transcende les différences sociales ou ethniques. Dans cette ville ou la religion domestique prend toute sa valeur, les Laraires Augustalis   ont une  place dominante dans la maison.
Pour lui dévouement et dévotion se confondent. Le Forum chante la gloire impériale d'Auguste; la reconstruction du Temple au Forum a accentué cette Omniprésence du Culte Imperial.