Ch.25: la cité d' Herculanum

Plan cité Herculanum Ancienne

Pendant la mise à découvert systématique et graduelle de la zone habitée d'Herculanum, du bord de la mer vers le Vésuve et de l'Ouest à l'Est, nous avons à notre disposition, pour nous faire une idée du plan d'ensemble de la ville et du caractère de ses édifices, deux éléments: d'une part, le plan schématique, dessiné par La Vega, de toute la zone explorée lors des fouilles par galeries souterraines avec le simple tracé du périmètre des insulas; d'autre part, la vision désormais concrète et organique du quartier déjà mis à découvert, comprenant six insula méridionales et dans lequel les fouilles sont en cours, en plus de deux grands corps de bâtiments isolés du quartier oriental.

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Le plan des fouilles retrouvées ne nous fait connaître qu'une partie de l'antique cité; huit insulas au Sud d'une grande artère à portiques dans laquelle on peut aisément reconnaître le decumanus maximas; au Nord de cette artère, les restes d'un grand édifice rectangulaire, dans lequel certains ont voulu voir la Place du Forum, d'autres, avec plus de raison, une Basilique ou un autre lieu de réunion publique; au Nord-Ouest, le Théâtre et, à côté, dans une zone sans aucune construction, un Temple se présentant nettement comme un temple sur podium avec une cella précédée d'un pronaos et d'un autel (ara); plus loin, au-delà d'une insula étroite et allongée qui doit probablement sa forme à la présence du lit d'un torrent qui marquait la limite de la ville de ce côté, la grande Villa des Papyrus, qui s'étendait dans la zone suburbaine; enfin, quelques autres villas isolées, éparses dans la zone du Jardin Royal de Portici et sur lesquelles les travaux de fondation du Palais ont fourni quelques renseignements.

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A l'Est, s'élève un grand péristyle carré, dans lequel certains avaient voulu voir un temple ou une villa, alors que les nouvelles fouilles ont montré qu'il s'agit d'un édifice public, plus exactement d'une grande palestre. Plus loin encore, vers le Sud-est, à 150 mètres environ de la limite des insula indiquées par La Vega, on trouve les premières tombes de la nécropole d'Herculanum, flanquant, comme à Pompéi, la grande voie du littoral qui menait à cette ville et, plus loin, à Stabiae et Nuceriae. Du côté de la mer, les maisons, comme le montrent clairement les nouvelles fouilles, longeaient le bord du promontoire et arrivaient jusqu'à l'extrémité de la pointe. Leurs terrasses et leurs galeries vitrées surplombaient le littoral, soutenues par des murs puissants à terreplein et dans lesquels étaient creusés, à hauteur des différents niveaux, des celliers et même des logements commodes, qui ont été bouchés par la gigantesque coulée de boue.

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Les constructions ne s'arrêtaient pas, d'ailleurs, à la pointe du promontoire ni aux portes qui s'ouvrent sur la mer mais, comme le montrent également les fouilles récentes, elles s'étendaient en dehors de ces portes jusqu'au port et jusqu'au bord de la mer, en formant la banlieue maritime d'Herculanum.
Les limites de la ville, sur trois de ses côtés, nous sont donc suffisamment connues. Nous n'avons, au contraire, aucune indication précise sur la limite du côté vers la montagne, occupé par le centre habité de Résina. Nous ne savons pas encore, en effet, parmi les édifices signalés le long de la pente de Pugliano, quels sont ceux qui font partie de la ville elle-même et ceux qui appartiennent à sa banlieue. 

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Mais, étant donné que la partie déjà explorée au moyen des galeries souterraines comprend cinq caridines et deux decumanus qui se coupent à angle droit, un troisième decumanus au moins, comme dans le plan de Neapolis, devait passer au Nord à travers huit autres insulae, soit un total de 16 insulae, outre les insulae plus importantes des quartiers Est et Ouest (vraisemblablement au nombre de huit aussi), ainsi que les maisons et les installations maritimes disposées le long du lido et du port, et les villas du territoire suburbain, habitées en permanence par les familles patriciennes avec leur nombreuse suite d'affranchis et d'esclaves. Ainsi, selon certains savants (Beloch), la ville s'étendait probablement sur une zone dont les grands axes devaient mesurer 370 m. x 320 m. environ, ce qui représente un tiers de la superficie de Pompéi.

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Mais, comme nous ne connaissons pas encore avec exactitude l'extension et la configuration du promontoire sur lequel se dressait le centre habité, il serait prématuré de chercher à déterminer avec précision la superficie. Seule la population peut être évaluée approximativement, pour la ville et la banlieue, à 4 ou 5.000 habitants au maximum, c'est-à-dire un tiers, et même moins peut-être, de celle de Pompéi. De toute manière, Herculanum, avec ses decumanus courant, comme à Naples, parallèlement à la ligne du littoral du Nord-Ouest au Sud-est, avec ses cardines descendant du Nord-est au Sud-ouest au contraire, c'est-à-dire perpendiculairement au lido, nous offre un plan beaucoup plus régulier que celui de Pompéi. Et, laissant de côté la question obscure et douteuse des influences étrusques sur le mode de création des villes de la Campanie, il est indéniable que le plan d'Herculanum reproduit, en ce qui concerne l'orientation et la distribution, le plan d'une ville certainement grecque d'origine et de conception, celle de Neapolis.

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Le fait que les édifices de la ville, avec ses paliers et ses terre-pleins artificiels, étaient répartis sur le terrain fortement incliné, comme sur une cascade de terrasses, nous est prouvé par la forte pente des cardines, l'élévation graduelle des trottoirs et la différence de niveau existant souvent dans les pièces à rez-de-chaussée d'une même construction. Le brusque escarpement du promontoire sur la mer est attesté non seulement par la position dominante des maisons, mais aussi par le fait que les trois car­dines découverts jusqu'ici, arrivés à l'extrême bord àbruptus de la colline, débouchaient sur la mer à travers des galeries souterraines, semblables aux portes d'une citadelle moyenâgeuse, comme la Porta Marina à Pompéi, avec son débouché abrupt, en donne une idée. Les rues mises jusqu'à présent à découvert, pavées non seulement avec la caractéristique pierre trachytique du Vésuve encore utilisée à Naples et dans la province, mais aussi, pour celles d'un caractère plus noble, avec de la pierre calcaire comme le cardo V), ne présentent ni les profonds sillons que les chars ont creusés dans les rues de Pompéi par suite du trafic commercial intense, ni les fameuses grandes dalles pour passer d'un trottoir à l'autre.

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Ici aussi, le pavement des trottoirs est particulièrement soigné et raffiné devant les maisons les plus importantes mais, plus qu'à Pompéi, on note l'usage de trottoirs à portiques qui bordent des insulae entières ou toute la longueur de la rue au moins sur un coté, comme dans le decumanus maximus, pas encore découvert.
L'alimentation en eau à Herculanum a suivi la même évolution qu'à Pompéi comme le prouvent l'examen de deux fontaines publiques au croisement des decumanus avec le cardo V et d'une autre au débouché du cardo IV sur le decumanus maximus, ainsi que la présence d'un château d'eau au carrefour de la " Maison Samnite „ , de nymphées et de vasques de fontaine dans les cours et les jardins des maisons les plus riches, de fistulae de plomb affleurant çà-et-là. Selon cette évolution, du système des puits creusés à peu de profondeur pour atteindre des nappes d'eau et recueillir les eaux de pluie, on passa, à l'époque romaine, à l'utilisation des eaux de sources plus lointaines, grâce peut-être à une dérivation de l'aqueduc d'Auguste, qui partait du plateau du mont Serino et devait être la grande artère d'alimentation de la zone vésuvienne. 

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Mais la substitution n'a pas été complète comme à Pompéi et il est curieux de constater que, jusqu'aux derniers moments, ce fut l'eau d'un puits qui alimenta les Bains publics.
Tant que le quartier du Forum n'aura pas été désenseveli par les nouvelles fouilles, on ne peut se faire qu'une idée bien vague des grands édifices publics, civils et religieux, qui se dressaient à Herculanum et, surtout, de l'évolution des modes de construction et de l'architecture de l'époque Samnite à l'époque romaine. Les Thermes et le Théâtre semblent appartenir à la première période de l'époque d'Auguste, avec des embellissements ajoutés du temps de Claude et des Flaviens.

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Des autres édifices mis à découvert lors des anciennes fouilles, le plus important est la Basilique qui, avec le Théâtre, nous a restitué le plus grand nombre d'œuvres d'art.* en sculpture, les statues équestres et toute la série de statues de la famille Balbus, ainsi que les fragments, dont tous n'ont pas encore été récupérés, du grand Quadrige en bronze qui devait, semble-t-il, surmonter le propylon d'entrée; en peinture, quelques-unes des plus belles œuvres de l'antiquité, comme Hercule et Télèphe, Thésée victorieux, Chiron et Achille, Marsyas et Olympe, qui décoraient les absides de la salle. Parmi les Temples que les chercheurs à la solde de Charles de Bourbon dirent avoir découverts et qu'ils baptisèrent comme tels, un seul semble vraiment en être un: celui qui, sur le plan de La Vega, est indiqué à côté du Théâtre. Les autres, situés à l'extrémité du quartier Est, sont, d'après les résultats des récentes fouilles, de grandioses vestibules donnant accès à une Palestre publique.