Ch.24: Histoire de Herculanum

Plan de la Cote d'Herculanum

HERCULANUM était une petite ville de la Campanie, située à 4 milles à l'Est de Naples, le long des dernières pen­tes du Vésuve qui, à cet endroit, formait un promontoire coupant la ligne du littoral et bordé, de chaque côté, par le lit en­caissé de deux cours d'eau de caractère torrentueux (Sisenna 4, fr. 53: oppidum tumulo in excelso loco propter mare, parvis moenibus, inter duos fluvios infra Vesuvium collocatum). Ce promontoire était traversé, comme il l'est encore aujourd'hui, par la grande voie du littoral qui, de Naples, longeait le golfe jusqu'à Pompéi en passant par Oplontis et reliait ensuite Stabiae et Nuceria, dans la provence de Salerne. La grande éruption de lave de boues de l'an 79 ap, J. C. et l'éruption de lave de feu en 1631 ont changé profon­dément la physionomie des lieux en rehaussant le niveau du sol de plus de 20 mètres, en comblant toutes les irrégularités du terrain et en élargissant le bord du littoral.

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Sur une bonne partie de la superficie de l'ancienne ville, les quartiers les plus populeux de la petite ville actuelle de Résina sont superposés, tandis que, sur le territoire suburbain, au milieu d'un grand nombre de villas patriciennes, se dressent les deux villas bourboniennes de Portici et de la Favorita. Bien qu' Herculanum ait été rangée par Cicéron (De lege agr., 77, 35, 96) parmi les centres les plus importants de la Campanie, elle doit, tout comme Pompéi, sa célébrité aux circonstances dans lesquelles s'est produit son ensevelissement et, surtout, à la découverte de nombreuses et précieuses oeuvres d'art qui en fit, au XVIIIème siècle, le plus riche centre de fouilles archéologiques.
D'après une légende recueillie par Denys d'Halicarnasse (I, 35), Herculanum aurait été fondée par Hercule au retour de son fabuleux voyage en Ibérie, ce qui, sans tenir compte du mythe, équivaudrait à en faire une ville de nom et d'origine grecs.

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En effet, dans la première mention qui en est faite par Théophraste (314 av. J. C), elle est désignée sous le nom de " Heràcleion .
Mais les vestiges monumentaux découverts jusqu'à présent ne nous disent rien de la période la plus ancienne et seules des fouilles récentes ont mis à découvert une partie de la muraille d'enceinte, des parva moenia cités par Sisenna. On constate cependant que son plan, par sa régularité et l'orientation des decumanes et des cardines, est semblable à celui de Naples, ce qui permet de penser que le développement de la ville a dû suivre celui de la grande ville grecque voisine. On ne peut ajouter foi qu'en partie à ce que rap­porte Strabon (V, 4, 8, p. 246), selon lequel la ville aurait été sous la domination d'abord des Osques, puis des Tyrrhènes et des Pelas­ges et, enfin, des Samnites. Sans doute, comme à Pompéi, la for­mation d'un petit centre de populations indigènes a dû précéder le développement de la ville.

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Mais, dès la fin du VIéme siècle av. J. C, la nouvelle agglomération urbaine dut tomber sous l'hégémonie des Grecs de Naples et de Cumes qui avaient étendu leur domination à tout le littoral de la Campanie, depuis la place forte de Cumes et de l’ ile d'Ischia jusqu'à l'extrémité du cap de la péninsule de Sorrente {Capo Ateneo). Vers la fin du Vème siècle av. J. C, elle tomba, comme Pompéi et toutes les villes de la Campanie à l'exception de Neapolis, au pouvoir des Samnites.
On ne sait pas avec précision si, au cours de la seconde guerre samnite, elle subit le sort de Naples, soumise en 326, ou plutôt celui de Nocera et de Pompéi (307). Ce qui est certain, c'est que, lors de la dernière tentative d'insurrection des Italiques contre Rome, Herculanum, rebelle comme Pompéi et Nola, fut vaincue et subju­guée par un lieutenant de Sylla (89 av. J. C.) et, à partir de ce moment, perdit toute autonomie et se transforma en municipe ro­main.

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Elle eut sans doute aussi, comme Pompéi et Sorrente, une colonie de vétérans de l'armée de Sylla. Nous ne possédons de la période samnite que de rares inscriptions en dialecte osque, tandis que le matériel épigraphique de la période romaine, découvert de temps à autre au cours des fouilles, (Corpus Iscript. lat., X, 1401-1477) nous renseigne sur les principales magistratures municipales et sur la composition d'un Collège d'Augustales. On a également retrouvé diverses inscriptions honoraires se référant à des person­nages impériaux et au patriciat de la ville, ainsi que certaines inscriptions relatives à des monuments publics.

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Le tremblement de terre de l'an 62 av. J. C. a dû avoir pour Herculanum des conséquences égales à celles qu'il eut pour Pompéi ou un peu moins graves seulement. Les édifices publics et privés durent être fortement endommagés et ont dû exiger des restaurations radicales ou même des réfections complètes. Nous en avons un té­moignage explicite dans l'inscription (C. I. L., X, 1406) rappe­lant la restauration, exécutée sur l'ordre de Vespasien, du Temple de la Mater Deum, à la suite des destructions produites par la catastrophe de l'an 62. Mais, pas plus que Pompéi, Herculanum n'avait eu le temps de réparer les dégâts causés par cette catastro­phe, lorsque l'éruption de l'an 79 ap. J. C. l'ensevelit entièrement.